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Les bruits de la nuit – deuxième partie

En altitude, les bruits nocturnes étaient différents. Pas de voiture, pas d’église non plus, mais aussi presque pas d’oiseau. Par contre, il était plus difficile d’échapper au bruit des avions et il y avait des endroits où il était amplifié, par exemple dans le vallon du Carol sous le Port de Saleix.

Les deux bruits dominants étaient l’eau des torrents et les clarines des troupeaux: graves pour les vaches, plus aiguës pour les brebis. Le tintement des clarines n’était pas continu, il y avait des périodes de silence quand les bêtes étaient toutes couchées.

Le vent nous a aussi joué un bon tour: les tubes métalliques du corral où nous avons enclos les chevaux à côté du refuge du Carol lui ont servi de flûte de Pan, avec trois ou quatre tonalités différentes.

Nous voici maintenant dans la vallée de l’Ariège, avec de nouveau beaucoup d’oiseaux nocturnes. Pas d’avions pour l’instant mais les trains qui desservent Ax-les-Thermes et/ou Latour de Carol-Enveitg. Le dernier passe vers 21h00 et ça reprend le matin vers 06h00.

Nous avons signalé dans la première partie des « bruits de la nuit » que les églises françaises ne sonnaient pas les heures pendant la nuit. Hé bien en fait, ça dépend. Ici dans l’Ariège, les églises des petits villages sonnent toutes les heures (deux fois!) plus les demi-heures (un coup).

À Garanou, une fois que le brouhaha des voitures et camions se tait, la nuit est dominée par le bruit continu et envahissant de l’usine de talc de Luzenac.

Et ce soir, le bruit dominant est celui du torrent de l’Oriège [sic]…et les chevaux qui broutent, qui se roulent et qui se lèvent lourdement en faisant résonner le sol d’un son sourd. Et les sangliers qui grognent et piétinent juste à côté!

Les bruits de la nuit.

Quand on ne dort pas, la nuit, sous la tente, on écoute les bruits.Le premier soir était dominé par les bruits des voitures et des avions. Par contre, à Muret, à côté du pont, la circulation fut étonnamment rare. À Noé la nuit a commencé très calme mais quand le vent a tourné, il a porté les flonflons d’une fête locale puis le brouhaha de l’autoroute. À Beauchalot, le soir était marqué par les passages des trains au fond du pré où nous campions, et tout d’un coup, plus rien – grève des transports de lundi 20h00 jusqu’à mercredi matin. Quelle chance!

Un autre bruit humain: les cloches des églises. En France, elles ne sonnent pas la nuit, et reprennent leur compte du temps à partir de sept heures, juste avant d’entonner l’angelus… Par contre, dans le Val d’Aran elles continuent d’égrener les quarts d’heures.

Les cerfs et les oiseaux nocturnes garnissent le début et la fin de la nuit de leurs cris: c’est chouette d’entendre le hibou et le chat-huant ?. Après le lever du jour, ce sont plutôt les colonies des goélands et les hérons cendrés qui se font entendre. Sans oublier les mésanges et les passereaux divers. La nuit est aussi peuplée par les petits mammifères: les loirs qui crient très fort, les hérissons qui grognent dans les feuilles, les souris qui fouillent autour de la tente… Parfois, nous pouvons aussi entendre un âne.

Les bruits d’eau sont parfois difficiles à différencier: le bruit de fond de Garonne, un ruisselet qui se jette dedans, peuvent mimer la pluie – ça nous est arrivé sous le pont de Saint Julien. Et bien sûr, la pluie sur la tente, allant du petit crachin à l’averse brutale.

Mais ce qui attire constamment nos oreilles ce sont les bruits des chevaux. Ils répondent à un cycle d’environ 1h30 répété inlassablement et généralement synchrone: d’abord ils dévorent, coupant l’herbe voracement et la mâchant avec un bruit de meule. Ensuite, l’appétit se calme et ils mangent plus tranquillement, l’ensemble durant une demi-heure à trois-quarts d’heure pendant lesquels ils se déplacent sans arrêt. Puis vient la phase de digestion et de repos: les chevaux restent debout, immobiles (souvent un pied replié); parfois ils se couchent et dorment, pas plus de vingt minutes, à tour de rôle. Aucun bruit, et c’est là qu’on s’inquiète: sont-ils toujours dans le pré?! Au bout d’une demi-heure, des signes de présence réapparaissent – les chevaux s’agitent, se grattent mutuellement, s’étirent en soupirant, se chamaillent, pissent en cataracte, crottent, trottent, et c’est là qu’on a peur: ne vont-ils pas casser la clôture?! Mais non, ils se remettent à brouter frénétiquement…